| Le pape Benoît XVI et le retour à une vraie liturgie |
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Avant de devenir pape, Joseph Ratzinger a exprimé à de multiples reprises sa conception de la liturgie et son opinion sur les conséquences de la réforme initiée par le Concile Vatican II. Extraits de différents discours et ouvrages.
« Ce à qui s'est passé après le Concile signifie tout autre chose : à la place de la liturgie, fruit du développement continu, on a mis une liturgie fabriquée. On est sorti du processus vivant de croissance et de devenir pour entrer dans la fabrication. On n'a pas voulu continuer le devenir et la maturation organique du vivant à travers les siècles et on les a remplacés - à la manière de la production technique - par une fabrication, produit banal de l'instant. » « Je suis d'avis que l'on devrait accorder beaucoup plus généreusement à tous ceux qui le souhaitent le droit de conserver l'ancien rite. On ne voit pas d'ailleurs ce que cela aurait de dangereux ou d'inacceptable. Une communauté qui déclare soudain strictement interdit ce qui était alors pour elle tout ce qu'il y a de plus sacré et de plus haut, et à qui l'on présente comme inconvenant le regret qu'elle en a, se met elle-même en question » Le Sel de la Terre, entretiens avec Peter Seewald
"L'effrayant appauvrissement qui se manifeste là où l'on chasse la beauté et où l'on assujettit [la liturgie] seulement à l'utile, est devenu de plus en plus évident. L'expérience a montré que le fait de s'en tenir à la seule notion d'"accessible à tous" n'a pas rendu les liturgies véritablement plus compréhensibles ou plus ouvertes, mais seulement plus indigentes. Liturgie "simple" ne signifie pas misérable ou à bon marché; il y a une simplicité qui vient du banal, et une autre qui découle de la richesse spirituelle, culturelle et historique." Entretien sur la foi, éditions. Fayard, Paris 1985.
"Bien qu'il y ait de nombreux motifs qui peuvent avoir poussé un grand nombre de fidèles à trouver refuge dans la liturgie traditionnelle, le plus important d'entre eux est qu'ils y trouvent préservée la dignité du sacré. Après le Concile, de nombreux prêtres ont délibérément érigé la désacralisation au niveau d'un programme d'action. (...) Animés par de telles idées, ils ont rejeté les vêtements sacrés; autant qu'ils ont pu, ils ont dépouillé les églises de leurs splendeurs qui rappelaient le sacré et ils ont réduit la liturgie au langage et aux gestes de la vie de tous les jours par le moyen de salutations, de signes d'amitié et autres éléments." Conférence faite aux Evêques du Chili en juillet 1988.
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